SENCON 2026 | Jour 1 – La Conférence internationale des Architectes africains ouvre ses travaux avec le Panel 1 consacré à « Réinventer l’acte de bâtir : innovation, durabilité et futur de l’architecture »
Réinventer l’acte de bâtir : innovation, durabilité et futur de l’architecture
Retour sur la Cérémonie d’ouverture et le Panel 1 – Jour 1
Conférence internationale des Architectes africains – SENCON 2026
Le 05 février 2026, dans le cadre de la Conférence internationale des Architectes africains, organisée en marge du SENCON 2026 et de l’Exposition Bâti au Centre des Expositions de Dakar – Diamniadio, l’Ordre des Architectes du Sénégal (ODAS) a donné le coup d’envoi des travaux à travers une cérémonie d’ouverture officielle, suivie du Panel 1 consacré au thème :
« Réinventer l’acte de bâtir : innovation, durabilité et futur de l’architecture ».
Une cérémonie d’ouverture sous le signe de la vision et de l’engagement
La cérémonie d’ouverture a marqué un moment solennel, réunissant autorités institutionnelles, professionnels du cadre bâti, partenaires techniques et financiers, ainsi que des délégations africaines.
Dans son allocution, le Président de l’Ordre des Architectes du Sénégal, Monsieur Massamba Lamsar Diop, a rappelé le rôle stratégique de l’architecture dans le développement des nations africaines. Il a souligné l’urgence de repenser les modèles urbains face à l’urbanisation accélérée, aux défis climatiques et aux transformations socio-économiques du continent.
Les différentes interventions ont convergé vers une même ambition :
faire de l’architecture un levier structurant de résilience, d’identité culturelle et de souveraineté technique.
Cette ouverture officielle a ainsi posé le cadre d’une conférence tournée vers l’action, la réforme et l’innovation contextualisée.
Panel 1 : Réinventer l’acte de bâtir
À la suite de cette cérémonie, le Panel 1 a ouvert les réflexions techniques et stratégiques de la conférence.
Le panel a réuni :
• Monsieur Massamba Lamsar Diop, Président de l’ODAS ;
• Madame Aminata Wane, Directrice générale de l’Urbanisme et de l’Architecture ;
• Madame Tigui Dramé, Project Manager, Architecte et Urbaniste à ONU-HABITAT.
La modération a été assurée par Madame Wolette Thiam, Architecte et Urbaniste, qui a su structurer les échanges et favoriser un dialogue approfondi autour des mutations du secteur.
Ce premier temps fort a posé les bases d’une réflexion stratégique sur l’avenir de l’urbanisme et de l’architecture en Afrique.
Une innovation pensée pour nos territoires
Les échanges ont mis en évidence que l’innovation en architecture ne peut se limiter à la seule dimension technologique.
Si les outils numériques, les systèmes intelligents et les nouvelles méthodes constructives offrent des perspectives prometteuses, ils ne prennent pleinement sens que lorsqu’ils sont adaptés aux réalités sociales, économiques et climatiques de nos territoires.
Dans un continent confronté à la pression foncière, à la vulnérabilité climatique et à une croissance urbaine rapide, il devient essentiel de promouvoir une innovation ancrée dans les savoir-faire locaux, les matériaux traditionnels et les principes bioclimatiques.
Réinventer l’acte de bâtir suppose de concilier modernité et héritage, performance et identité.
Une réforme structurelle indispensable
Les discussions ont introduit une nuance majeure :
la transformation de l’architecture africaine ne peut s’opérer sans une réforme systémique.
Construire autrement ne relève pas uniquement d’une volonté politique. C’est un processus structuré qui passe par plusieurs étapes essentielles.
Repenser les programmes pédagogiques
Nos écoles d’architecture et d’ingénierie enseignent encore majoritairement des référentiels hérités de normes européennes.
Le béton s’est imposé comme matériau dominant, non seulement par tradition, mais parce qu’il correspond aux cadres normatifs et aux contenus pédagogiques transmis depuis des décennies.
En revanche, les matériaux identitaires africains — terre crue, terre cuite, pierre locale, matériaux biosourcés — sont peu intégrés dans les modules de calcul, de dimensionnement et de performance structurelle.
Les ingénieurs n’apprennent pas à calculer pour ces matériaux.
Les architectes disposent de peu d’outils pour les concevoir à grande échelle.
La réforme commence donc par la mise à niveau des programmes pédagogiques.
Former et capaciter les mains d’œuvre
La transformation suppose également une montée en compétence des techniciens, artisans et entreprises.
Sans formation adaptée, il est difficile de créer une dynamique opérationnelle vers une architecture identitaire.
Industrialiser les matériaux locaux
L’industrialisation constitue un levier stratégique.
Elle permet de garantir qualité, reproductibilité et compétitivité économique.
Sans structuration industrielle, les matériaux locaux restent marginalisés.
Mettre à jour les normes et homologuer les matériaux
Un obstacle majeur réside dans les codes de construction actuels.
Lorsque les matériaux locaux ne sont pas intégrés aux référentiels normatifs, leur homologation devient complexe et l’obtention de permis de construire s’en trouve compromise.
Il devient indispensable de :
- Réviser les documents de référence normative ;
- Adapter les codes de construction ;
- Intégrer officiellement les matériaux identitaires africains ;
- Faciliter leur homologation réglementaire.
Innover dans l’acte de concevoir
Ce n’est qu’après ces étapes — formation, capacitation, industrialisation et homologation — que l’innovation peut véritablement s’exprimer.
Innover dans l’acte de bâtir signifie concevoir avec ces matériaux, structurer un tissu urbain cohérent, durable et culturellement assumé.
Il ne s’agit pas d’opposer tradition et modernité, mais de produire une architecture résiliente, performante et profondément africaine.
Bâti : une dynamique collaborative
En parallèle, l’Exposition Bâti a illustré une approche africaine et collaborative de l’architecture, mettant en valeur les savoir-faire du continent et la capacité de l’Afrique à proposer des solutions enracinées et ouvertes sur le monde.
Une conférence tournée vers l’avenir
À travers cette cérémonie d’ouverture et ce Panel 1, l’Ordre des Architectes du Sénégal a réaffirmé son engagement en faveur d’une architecture responsable, durable et identitaire.
Ce premier jour a donné le ton d’une conférence placée sous le signe du dialogue, de la réforme structurelle et de la construction collective du futur architectural africain.
Réinventer l’acte de bâtir n’est pas un slogan.
C’est un projet stratégique pour le continent.
Pour revivre les temps forts du Jour 1, consultez la galerie photos à travers le lien suivant : https://drive.google.com/drive/folders/10HKOCJ653hjE-OFtP-Fz6Fd2uBbHsTCL?usp=drive_link
La vidéo récapitulative du Panel 1 est également disponible via le lien ci-dessous : https://drive.google.com/file/d/1DLrc9p2plu1u5gfMje3y3LQdNYfjNmJU/view?usp=sharing
